Marc Muret :  « La Construction durable sera verte ou ne sera pas ! »

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Directeur du développement de l’entreprise Vertige international basée en Gironde, Marc Muret nous explique les enjeux de la végétalisation des bâtiments à l’heure de l’écoconstruction et de la construction bas Carbone.

« L’effort imposé par les pouvoir publics sur la construction bas carbone tout particulièrement au travers de la nouvelle réglementation RE2020 est une nouvelle chance pour la végétalisation des bâtiments. En effet, si la performance thermique des bâtiments est moins visée par la RE que par la RT, c’est parce qu’elle va à présent de soi.

Aussi le bâtiment idéal au sens des nouvelles normes serait un bâtiment passif, réalisé à partir de matériaux biosourcés et piégeant du carbone, matériaux apportés sur le chantier par le biais de circuit court. Le défis est de taille et on est pas rendu.. comme dirait ma grand-mère… ».

En expert du bâtiment vert Marc Muret développe :

« Dans ce contexte, tous les éléments biosourcés où géo-sourcés ont le vent en poupe. Vertige a développé un principe de mur jardinière de grande contenance, conçues en béton bas carbone capable de retenir des végétaux de type arbustif. La conception de ces jardinières-mur permet très aisément le réemploi de la terre de chantier pour combler les jardinières (dans l’hypothèse bien entendu que les qualités physico-chimiques de la terre le permettent…) »

Dans tous les cas, les solutions techniques existent aujourd’hui en termes de murs végétalisés pour obtenir de bons résultats sans forcément investir dans les solutions très consommatrices en ressources comme ce fut le cas dans les premières inventions dans les années 80. Aujourd’hui que l’on parle d’une simple façade verte pourvue de grimpants ou d’un vrai mur végétal peu contraignant en entretien, il y a moyen d’agrémenter un bâtiment d’un puit de biodiversité verticale porteur de fraicheur et d’amélioration thermique du bâti.

Quant est il de la végétalisation de toit ?

Marc Muret végétalisation de toit
Marc Muret végétalisation de toit

« La toiture constituera toujours un défi plus technique et la charge admissible restera une difficulté à lever. »

En effet, la charge d’une toiture végétalisée qui peut osciller entre 45 et 300 kg /m² en demandant des renforcements de charpente (et de fondation) assez considérables pourrait gravement aggraver le bilan Carbone des bâtiments à l’exception des bâtiment bois.

Ces derniers représentent un gain carbone mais en therme de portance et de mode constructif, les charpentes et les structures bois représenterons vite des sections très importantes lorsqu’il s’agira de dépasser les 150m² de complexe végétal en toiture. « Il y a donc un savant compromis à recherche » souligne Marc Muret.

La réglementation RE2020 ne favorise pas directement l’effort de végétalisation du bâti, mais elle y conduit. Parallèlement de nombreux textes réglementaires incitent et encadre la réalisation de toitures végétalisées. Aujourd’hui l’obligation réglementaire se déclenche à partir de 500m² d’emprise au sol quelque soit le type de bâtiment. Il s’agit d’une obligation encore concurrente du photovoltaïque, la Loi indiquant une surface minimum de 30% de la surface pourvue de végétal, ou d’un procédé EnR.

Réglementation contraignante ou pas il y a un appétit sociétal autour du végétal en ville. Les citoyens le réclament. Si les couts d’accès à ces équipements restent raisonnables, les constructeurs devront céder.

Une autre question qui se pose, est ce que le végétal pourra tirer son épingle du jeu dans le cadre de plus en plus contraignant du Zero artificialisation net (ZAN et de la volonté de reconstruire la ville sur la ville ?  « Oui et Non » répond Marc Muret : « La reconstruction de la ville sur la ville en bonne logique va venir densifier. Il sera déjà peu aisé de rajouter des espaces libres et arboré autour des bâtis rénovés aussi accroitre la végétalisation du bâtiment peut être une option. Là encore les considérations techniques autant qu’économiques vont prévaloir. Si rénover un bâtiment correspond à conserver les éléments de structures, les matériaux de fondation, il faudra que la surcharge du végétal soit acceptable. Là encore, il faudra rechercher des compromis. Il serait dommage que le ZAN se traduise par des cubes de béton stériles et resserrés, cela ne correspondrait pas à l’air du temps.

Autre frein au développement du végétal sur les bâtiments, c’est les couts d’entretien. En effet, la plupart des Syndic et gestionnaire sont inquiets de cout de maintenance constant et réguliers. La vérité c’est qu’ils constituent une nouvelle ligne de dépense qui ne pèse pas bien lourd. Aujourd’hui personne ne s’étonne de la maintenance constante d’un ascenseur…. C’est une charge communément admise que personne ne songerait à remettre en cause. Il en sera de même lorsque le végétal sera véritablement perçu comme indispensable à notre cadre de vie. Les exemples sont nombreux de jardinières intégrées au bâti, dans les années 70-80 qui ont fini abandonnées laissant un piteux spectacle de nature morte. C’est précisément ce que les gens ne veulent plus.

« Avec les bâtiments verts, c’est la Biodiversité qui gagnera » selon Marc Muret

Le nouvel enjeu qui devrait prendre de plus en plus de place à l’avenir dans la conception des projets c’est l’insertion « biodiversité ». Il s’agira de concevoir à l’échelle de l’îlot et même au-delà de l’ensemble du tissu urbain, le design et la performance biodiversité d’un bâtiment ou d’un ensemble. C’est le défi majeur. Il n’y a pas une seule solution, il y en a des milliers, mais il faudra retenir les solutions et les procédés de végétalisation les plus adapté à chaque situation. Le but sera en effet de traduire avec les techniques et les matériaux disponible aujourd’hui une « transparence » du bâtiment sur un plan de circulation des espèces. Il n’y a pas encore dans les écoles d’architecture (ni dans les écoles de paysage d’ailleurs) de cours du comment transposer les trames biologiques à l’échelle d’une construction. Imaginez un bâtiment qui recelé en lui les lignes, les trames, en verticale et en horizontale permettant à toute sorte d’organisme vivant de circuler. Simple pour les oiseaux à priori, moins évident pour les insectes rampants ou les arthropodes. C’est tout le challenge, les connections, relier le sol avec les toits, permettre aux espèces animales d’abord de monter de descendre comme si l’immeuble n’était pas là. Ce sont les trames vertes et bleues auxquelles on pense plus volontiers. Mais il ne faut pas oublier la trame brune. Oui, car il s’agit de permettre au niveau du sol, dans la terre même au micro-organisme de circuler. Certains chercheurs se penchent actuellement sur la circulation du vivant dans une colonne de serre végétale. Nous manquons encore de beaucoup de données.

Le bâtiment du futur est donc un bâtiment bas carbone, conçu et réalisé en matériaux renouvelables, en circuits courts, en énergie passive, consommant moins qu’il ne produira, mais c’est aussi un bâtiment qui sait se faire oublier. Ce ne sera plus un objet stérile ni un obstacle au vivant. Il faudra encore mettre beaucoup d’intelligences et d’imagination pour concevoir et généraliser ce genre de projet. Mais si on regarde un peu en arrière, les premiers bâtiments totalement végétalisés construits il y a près de mille ans par les Vikings ne devraient pas être si éloignés du modèle.

Le bâtiment de demain sera bien une remise en cause profonde des habitudes et des modes de fonctionnement de la construction.

Il reste un long chemin à parcourir. Le BIM permettra de quantifier et de mieux connaitre la satisfaction des objectifs mais gare à ne pas tout complexifier. Changer les consciences, les habitudes les reflexes professionnels de nombreux métiers de la construction ne sera pas facile et cependant, l’urgence Climatique n’attend pas.

En Savoir plus Copain d’avant Marc Muret